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keywords : peinture+l'exil, abandonnés, nous étions dans cet immeuble aux issues obstruées, une vaste construction. Depuis la terrasse, nous avions beau crier aux promeneurs qui cheminaient en contre-bas, assis même aux tables adossées contre le bâtiment, ils restaient innatteignables, comme si nos voix n'avaient aucune portée dans l'air qui nous séparait . J'ai jeté un petit couvercle de pot à confiture, puis un autre, et enfin quelqu'un, un homme, leva la tête, agacé parce qu'il semblait regarder le ciel comme s'il recevait des embruns, quelques gouttes malvenues. Tous que nous étions alors, nous nous sommes mis à jeter des objets de plus en plus volumineux, des grosses marmites de cantines en aluminium qui s'écrasaient au sol à grand fracas. Ainsi nous fûmes libérés et déjà, les gens affluaient, curieux de voir le batiment-vestige. Je pris la parole en italien, pour nous annoncer comme l'expérience vivante des naufragés que nous étions. Mais comment dit-on naufragés en italien? Et de ces deux femmes expertes, chacune me répondit une chose, puis elles penchèrent ensembles pour "gridi". Alors je me tournais: "Noi siamo gridi!" devant la foule à qui je faisais un peu peur, peinture+il me manquait un produit pour l'apprêt des toiles. Le Pakistanais me proposait d'aller ensemble le chercher avec la Fiat 500, et parcequ'il s'asseyait déjà sur le siège passager, je lui dis que je ne conduisais pas. Il me répondit que ce n'était pas compliqué, que j'apprendrais à changer les vitesses. A moi les produits de l'apprêt, et pour Middelseat tout le reste. Quant'à savoir si nous y arriverions avec la 500, je pense maintenant que ça s'est déjà fait, peinture+Silvie participait d'un jury. Devant une grande peinture, elle me dit que si ces forêts rataient leur impacte politique, c'est qu'elles n'offraient nulle part, dans le traitement (la touche), la pensée d'une distance, d'un écart au faire corps d'avec l'image, peinture+un groupe avec des étudiants de l'académie et Godard. Je montre à Godard cet ancien chevalet dépliant que j'emportais à 18 ans pour aller peindre en forêt. Godard remarque que la composition formée par la jointure de mes nus-pieds (je suis assis en tailleur) et les branches du chevalet forme le dessin d'un sexe féminin. Des autres groupes, des saltimbanques russes font des tours de cirque avec des animaux. Je veux en filmer une qui fait son tour avec un ours, mais pendant que je monte la caméra, elle vient vers moi et m'apprend qu'elle m'aime follement depuis des années. Je ne réagis pas énormément (c'est la vie) et elle passe dans la pièce d'à coté. On vient me prévenir qu'il faut descendre dans la plaine. C'est moi le conducteur. Il passe à la radio, en direct, un concert fabuleux, avec chef d'orchestre russe. Il vient pour la première fois, et le pianiste aussi est très bon, c'est un concert historique. A mi-chemin, nous remarquons avoir oublié une sorte d'âne creux mais vivant, sur un banc près de l'alpage, et le type couché à l'arrière, à qui appartient la bête, dit qu'il est trop fatigué. Je lui dis qu'il pourra, nous pourrons écouter le merveilleux concert en remontant chercher la chose et là, il n'est plus fatigué. On est près pour remonter, alors que nous avons déjà fait presque tout le chemin de la descente du val. Je lui demande juste de tourner la voiture, après je conduirai, mais tourner je ne veux pas, peinture+un repas chez B et P, dans un immeuble moderne, une façade années 60' à 4-5 étages. A un moment, je sors (entre le premier et deuxième tour du plat principal) et leur dis que c'est juste pour un moment. Beaucoup de monde sur un chemin bordant un stade, en campagne. Je pleurs. Un engin fait du bruit, on répare, on coupe avec une scie électrique. La télévision est là, un minibus avec cameraman et preneur de son, ils filment la promenade. Évidemment, je pense à un télé gag qui montrera cette promenade, sur le calme de la campagne et le bruit strident. Je me dis qu'ils sont toujours si stéréotypés. Je pleurs de la tristesse. D'être seul. Je pense qu'il y a des promenades à faire, même en Belgique il y a des coins un peu tranquilles (en Suisse c'est évident), vous aimez la marche, vous qui aimez la nature, on pourrait, quand tout sera fini, faire des promenades ensemble, votre femme viendrait. Je croise Eve sur son vélomoteur, elle fait un arc de cercle et s'approche. On parle un moment, B et P ouvrent la fenêtre, ça commence à faire un peu long ce tour. Eve fait une remarque qui me fait rire, mais pas tout à fait. Je ne sais plus très bien de quoi nous parlons, sauf que je me dis qu'elle est passée par cette phase très difficile avant, et qu'elle l'évoque avec cette remarque. Elle me prend sur son porte-bagage et nous arrivons vers un groupe de lycéens à la pose, peinture+une grande bataille ourdie par une organisation. Sans cesse nous essayons de leurs échapper. A un moment, quelqu'un me propose de travailler en collaboration avec un directeur d'école. J'accepte en silence et me demande comment cette personne fait pour occuper trois postes à la fois. En passant par le coté, nous voyons qu'une porte fait problème, elle semble fermée mais l'alarme clignote. On dit qu'il faudra la faire réparer et puis ce n'est pas si normal que ça. En revenant par derrière les fourrés, nous apercevons des choses pas très normales. Un caravane-car, des cavaliers, des phares de voitures. On nous cherche. Nous sommes trois et je tiens la main à cette femme. Nous longeons les grillages et les cavaliers en voitures approchent. L'homme avec nous, un peu à l'arrière, trouve une issue sous les grillages. Vite par dessous. Mais la femme n'a pas le temps de passer, elle change d'attitude, se tourne et fait face à son agresseur, pour le séduire. Le type siffle son étonnement, mais une fois le dos tourné, il reçoit de la femme un coups sur la tête, peinture+dans une pizzeria, on m'offre des petits verres de champagne. Je suis un bon cleint. Et puis, en sortant, je m'aperçois qu'on m'a volé mon sac de voyage. Je trouve les jeunes qui l'ont fauché. Ils sont en fait assez sympathique de me le rendre, il y a juste cette lampe articulée qu'ils ont gardé pour eux. Mais je m'écrie: "Ah, mais non, celle-là, c'est un cadeau de ma mère pour mes trente ans",(en pensant qu'à le dire à ce latino serait un argument. Et puis ils me conseillent de partir si je veux garder le reste. je me mets à planer de marches en marches, jusqu'au bord d'une grande dépressivité sur laquelle je m'élance et vole. J'atterris dans un jardin, et m'approche de A qui vient de s'acheter une planche à voile. Un énorme achat, peinture+ |